Angleterre-Écosse, une rivalité britannique et historique

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Après avoir battu la Croatie, l’Angleterre vise un deuxième succès de rang dans cet Euro face à l’Écosse, son adversaire dans le groupe D vendredi. Les Three Lions seront favoris, mais les Écossais entendent bien troubler leurs plans. Les deux sélections entretiennent, depuis un siècle et demi, une rivalité parfois proche de l’aversion.

Derby britannique au programme de cette nouvelle journée d‘Euro-2021, vendredi 18 juin. Qualifiée pour la phase finale de l’Euro pour la première fois depuis 1996, l’Écosse retrouve l’Angleterre en poule à Wembley. Comme il y a 25 ans, lors du Championnat d’Europe disputé cette année-là en Angleterre justement. À l’époque, les Anglais, futurs demi-finalistes, l’avaient emporté 2-0 avec un but d’Alan Shearer, un penalty repoussé par David Seaman et un but splendide signé Paul Gascoigne.

C’est la dernière fois que les deux sélections se sont croisées en compétition internationale jusqu’à aujourd’hui, l’Écosse ayant manqué tous les grands rendez-vous depuis le Mondial 1998. Pour leur retour au premier plan, les hommes de Steve Clarke ont droit à des retrouvailles particulières avec leur vieux rival.

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Plus que du football

Depuis leur premier affrontement, le 30 novembre 1972 et un 0-0 à Glasgow, les deux pays se sont rencontrés 114 fois. C’est le match international le plus souvent disputé dans l’histoire du football. C’est aussi “la plus ancienne rivalité du football international”, dixit l’équipe nationale écossaise sur les réseaux sociaux. 

Ce derby a plus souvent tourné en faveur des Three Lions, qui mènent 48 victoires contre 41 pour leurs adversaires. Le dernier succès écossais remonte à 1999. Depuis 30 ans, l’Écosse ne s’est imposée qu’à trois reprises. De quoi irriter la “Tartan Army”, surnom des supporters écossais.

Car comme le souligne Henry Winter, journaliste du Times, à la BBC, “il n’est pas question que de football” dans ce match, mais “d’années et d’années d’Histoire”. Les relations entre l’Angleterre et l’Écosse sont conflictuelles depuis des siècles. Entre les deux, il y a un lourd passif d’antagonismes qui débordent jusque dans le football. Après les guerres d’indépendance passées, la progression récente des partis nationalistes et indépendantistes en Écosse a ravivé les tensions, sur fond de Brexit diviseur.

Appel au calme

Pour la Tartan Army, rien n’est plus savoureux que de battre les Anglais, ou, à défaut, de rire de leurs déboires. Mesures sanitaires obligent, il n’y aura que 22 500 spectateurs dans les tribunes de Wembley vendredi. Mais les fans de l’Écosse qui assisteront au match ont prévu de se faire entendre. Ils ont déjà défilé fièrement dans les rues de Londres jeudi.

Sentant cette tension grandissante autour de ce derby, la Fédération anglaise de football a appelé chacun, dans un communiqué, au respect et à la bonne tenue. “Le football, c’est célébrer la fierté et la passion, pas crier aux insultes ou à la discrimination”, insiste-t-elle.

Pas évident, pourtant, de réfréner cette rivalité savamment entretenue. John McGinn, le milieu de terrain écossais, n’a pas caché son agacement, mercredi en conférence de presse, vis-à-vis des médias anglais “qui voudraient faire croire que l’écart est énorme” entre les deux équipes. “À nous de prouver que c’est faux”, a-t-il annoncé.

Rivalité commune, objectifs différents

L’antagonisme toujours intense entre l’Angleterre et l’Écosse ne doit pas faire oublier les objectifs de chacun. Forts de leur victoire face aux vice-champions du monde croates (1-0), Gareth Southgate et ses joueurs se partagent la première place du groupe B avec la République tchèque. S’ils s’imposent à Wembley à nouveau, la porte des huitièmes de finale s’ouvrira.

L’Écosse, elle, a mordu la poussière face aux Tchèques lors de son premier match à Hampden Park (0-2). Elle a besoin de rebondir pour garder l’espoir de passer le premier tour, performance qu’elle n’a jamais accompli dans son histoire à l’Euro comme en Coupe du monde. La tâche s’annonce compliquée, mais emprunter la voie facile n’est pas dans l’ADN de l’équipe nationale selon Steve Clarke. L’entraîneur espère que dans l’adversité, ses hommes relèveront la tête et iront chercher le résultat dont ils ont besoin. “À la dure, à l’écossaise”, comme il dit.

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