“Chez Netflix, la liberté donnée aux employés engendre l’innovation”

Publié le :

“Obsédées par la prévention des erreurs”, fondées sur la répétition des tâches, la plupart des entreprises obéissent à des réflexes hérités de l’ère industrielle, constate notre invitée, Erin Meyer, professeure de management interculturel à l’Insead. Liberté et innovation : tel est tout au contraire le credo de Reed Hastings, fondateur de la plateforme Netflix. Une révolution managériale que partage Erin Meyer dans ses entretiens avec lui, compilés dans un ouvrage intitulé : “La règle ? pas de règle, Netflix et la culture de la réinvention” (éd. Buchet-Chastel).

La crise du Covid-19 aura entraîné plusieurs révolutions. Parmi elles, le succès phénoménal des plateformes de vidéo à la demande. Symbole de cette révolution, Netflix : en un an, le nombre d’abonnés a cru de plus de 40 millions et dépasse désormais le seuil des 200 millions. Son fondateur, Reed Hastings, qui n’était à l’origine qu’un simple loueur de cassettes vidéo, puis de DVD, est parvenu en quelques années à obliger Disney, la Warner, Universal et tous les autres à se réinventer.

Mais si Netflix est parvenu à se hisser aussi haut, c’est grâce à une culture d’entreprise radicalement différente de tout ce qu’on peut connaître, que Reed Hastings a mise en place au fil des années et dont il livre les secrets dans ce dialogue écrit avec la professeure de management américaine, Erin Meyer.

Une entreprise est dirigée comme une équipe de sport

La règle, chez Netflix, c’est qu’il n’y a pas de règle. Les employés, sélectionnés pour être les meilleurs de leur domaine et mieux payés que chez la concurrence, sont libres de prendre autant de congés qu’ils le souhaitent. Ils n’ont pas besoin de justifier des dépenses. Ils n’ont pas besoin d’accord de leur supérieur pour valider une décision importante. Ils sont encouragés à critiquer leurs supérieurs, à dire le fond de leur pensée, toujours de manière constructive, pour permettre à l’équipe de progresser et susciter toujours plus d’innovations. D’ailleurs, Reed Hastings est celui chez Netflix qui reçoit le plus de critiques dans des évaluations baptisées “à 360 degrés”.

La clé du succès : la “densité de talents” – l’entreprise est dirigée comme une équipe de sport, avec uniquement des joueurs exceptionnels capables de permettre à ce collectif d’être au mieux de sa forme. Si l’un d’eux n’est pas assez performant, il prend la porte, en échange d’une importante indemnité. “Une performance convenable vaut une généreuse indemnité de licenciement”, écrit Reed Hastings.

Pour co-écrire cette bible du management 3.0, Erin Meyer a eu accès à tous les employés de l’entreprise. Dans cet entretien sur France 24, elle explique que le modèle marche et qu’il pourrait même être applicable en France et dans d’autres pays pour susciter plus d’innovation.

Source link

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *