En France, près de 20 % des espèces de la faune et de la flore sont menacées

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L’Union internationale de conservation de la nature, l’Office français de la biodiversité et le Muséum national d’histoire naturelle publient mercredi la liste des espèces menacées en France, mise à jour par rapport à 2008. Le constat est alarmant. Plus de 2 400 espèces sont en danger.

C’est le résultat de 13 années d’évaluations et d’analyses sur la faune et la flore françaises. À l’occasion de la journée de la vie sauvage, mercredi 3 mars, le comité français de l’Union internationale de conservation de la nature (UICN) et l’Unité mixte de service PatriNat présentent un bilan de la Liste rouge des espèces menacées en France.

Destiné à évaluer le degré de menace qui pèse sur les espèces naturelles françaises, cet inventaire de référence s’est enrichi de milliers de nouvelles espèces depuis sa création : 348 avaient été évaluées en 2008 ; treize ans plus tard, ce sont 13 842 espèces qui ont été étudiées.

Parmi elles, 17,6 % sont menacées. Ce pourcentage augmente chez les oiseaux nicheurs (32 %), les crustacés d’eau douce (28 %) ou les amphibiens (23 %). En treize ans, 187 espèces ont complètement disparu.

La situation est particulièrement inquiétante en Outre-mer. En Polynésie française, 34 % des oiseaux sont ainsi menacés. À Mayotte, 42 % des reptiles terrestres sont eux aussi en grand danger. À La Réunion, 30 % de la flore vasculaire [plantes à tiges, feuilles et racines, NDLR] est également dans un état inquiétant.

D’autres espèces sont “quasi menacées”. “C’est une préoccupation importante à avoir, ce sont les menacées de demain mais ce sont des espèces sur lesquelles on peut encore agir facilement”, souligne Laurent Poncet, du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN).

Une nette dégradation

Certains groupes d’espèces  les reptiles, amphibiens, mammifères, oiseaux et poissons d’eau de métropole  ont été évalués deux fois depuis 2008. “Nous pensions qu’en huit ou neuf ans, on ne verrait pas beaucoup d’évolution. La surprise est qu’on assiste à une nette dégradation de la situation”, explique Florian Kirchner, de l’UICN France, à l’AFP. “Pour les oiseaux nicheurs, on avait un quart d’espèces menacées en 2008, un tiers huit ans après”, donne-t-il comme exemple.

Plus inquiétant encore, “nous parlons des espèces qui bénéficient le plus d’efforts de conservation, les vertébrés, et pas des insectes ou des mollusques”.

“Cela nous renvoie aux principales menaces en métropole : l’aménagement du territoire, qui reste incontrôlé, et l’intensification des pratiques agricoles”, avec des zones uniformes et l’usage important de pesticides, explique le scientifique.

“Si nous avions plus de données, nous pensons que nous mettrions plus d’espèces dans ces catégories menacées”, complète Laurent Poncet.

“Les dégradations de la nature restent bien plus fortes que tous les efforts qu’on peut déployer”, avertit Florian Kirchner. “Il faut vraiment changer de braquet”, insiste-t-il.

La liste rouge a classé 2 100 espèces dans la catégorie “données insuffisantes”. De quoi encore élargir les champs d’analyses sur la faune et la flore au cours des prochaines années. L’objectif à terme est d’évaluer toutes les espèces.

Des sources d’espoir

Malgré ce triste bilan de la Liste rouge, Florian Kirchner voit “deux sources d’espoir : l’opinion est en train d’évoluer et il y a des bonnes nouvelles” dans la protection des espèces comme dans le cas de la loutre, du bouquetin des Alpes ou du vautour moine.

Après avoir failli disparaître, ces trois espèces sont en augmentation. Mais la quasi-extinction d’une espèce peut avoir des effets sur le long terme. L’UICN classe aujourd’hui le bouquetin des Alpes en espèce “quasi menacée” en France. Malgré une hausse de la population, l’espèce reste fragile en raison de la faiblesse de sa diversité génétique. Résultat du redéploiement de l’espèce par la reproduction d’un trop petit nombre d’individus.

Pour tenter d’y remédier, le parc national du Mercantour a lancé en 2020 un projet de renforcement de la diversité génétique d’une population de bouquetins. Dans un document de présentation, le département des Alpes maritimes rappelle que “plus [la diversité génétique] est importante, plus les chances pour une population de survivre à des perturbations (changement climatique, etc., NDLR) seront élevées”.

Avec AFP

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