face à l’Allemagne, la France dans le costume du favori

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Finaliste du dernier Euro et championne du monde en titre, l’équipe de France est attendue au tournant, mardi, pour son premier match de la compétition. Face à Mbappé et ses coéquipiers se dresse l’Allemagne, peu impressionnée par le statut de favori des Bleus.

La France s’apprête à débuter son Euro-2021 par une entrée copieuse, mardi 15 juin. À Munich, les Bleus doivent avaler l’Allemagne, une nation rarement considérée comme un amuse-bouche lors d’une compétition de football. Arrivant dans la posture du favori, l’équipe de France devra faire attention à ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre. 

Attaquer le sommet allemand d’entrée offre en tout cas une perspective bien différente de celle entrevue en ouverture de la Coupe du monde 2018 face à l’Australie ou celle de l’Euro-2016 contre la Roumanie, deux équipes au pedigree plus modeste. 

Les hommes de Didier Deschamps, en pleine confiance, doivent assumer leur statut de favoris. Kylian Mbappé, Karim Benzema, Antoine Griezmann, Olivier Giroud… Sur le papier, l’attaque des champions du monde en titre est stratosphérique. Le milieu de terrain, porté par Paul Pogba et N’Golo Kanté, homme du dernier carré de la Ligue des champions, l’est tout autant.  

“Je ne veux pas fuir ce statut de favori qu’on partage avec d’autres nations. Mais il ne nous garantit rien. Pour certains, on n’est pas encore entrés sur le terrain qu’on a déjà gagné. C’est loin d’être le cas”, a averti Didier Deschamps dans les colonnes de l’Équipe. 

L’Europe attend la France au tournant 

Sélectionneurs, commentateurs, joueurs… L’Europe du foot est unanime : la France ne peut être que favori. Les Bleus ont donc “la pancarte”, selon l’expression consacrée chez les cyclistes. Un poids supplémentaire qui peut être lourd à porter. 

L’histoire incite à se méfier de ce piédestal. En 2002, les hommes de Roger Lemerre avaient débarqué en Corée du Sud dans ce même costume : champions du monde en titre (1998), champions d’Europe en titre (2000), les meilleurs buteurs des championnats français (Djibril Cissé), anglais (Thierry Henry) et italien (David Trezeguet). La suite ? Une Bérézina avec une élimination dès le premier tour sans aucun but inscrit. 

En face, les hommes de Joachim Löw trouvent dans la posture de favori de leurs adversaires un surplus de motivation. Le défenseur Antonio Rüdiger a lancé le match en conférence de presse affirmant que, face à ces attaquants “très forts”, l’Allemagne devra être prête à “juste être sale, pas toujours gentille, gentille, gentille” car on ne peut “pas toujours essayer de s’en sortir avec du beau football. Contre des joueurs comme ça, il faut aussi envoyer un message… et tôt”, a-t-il soutenu. 


Interrogé sur cette menace voilée de celui qui a blessé Kevin de Bruyne lors de la finale de la Ligue des champions, Mbappé a répondu dimanche en conférence de presse. “Chacun se bat avec ses armes. Nos armes, c’est de jouer ensemble notre football. Si leurs armes c’est ça…” 

Pour les Allemands, il s’agira de prendre leur revanche de la demi-finale d’il y a cinq ans, remportée 2-0 par les Bleus à Marseille. Et aussi d’éloigner l’ambiance de fin de règne autour de la Mannschaft, avec un sélectionneur Joachim Löw dont c’est la dernière compétition après 15 ans en poste. 

La France est-elle son pire ennemi 

Reste que la France pourrait bien être son pire ennemi. Avec une déclaration à l’emporte-pièce après la victoire face à la Bulgarie (3-0), Olivier Giroud a brouillé l’image de la bande de potes en mission pour ramener la coupe à la maison qui collait aux Bleus depuis le Mondial-2018. 

“Des fois, on fait les courses mais les ballons n’arrivent pas. Après, je ne prétends pas toujours faire les bons appels, mais je me suis évertué à donner des solutions dans la surface”, avait grincé l’attaquant de Chelsea, sans viser explicitement Kylian Mbappé. 

Les propos ont été largement disséqués par la presse spécialisée, heureuse qu’un psychodrame agite la communication habituellement lisse de l’équipe de France, qui plus est incluant indirectement Benzema, dont le retour menace de fait l’ancien statut de titulaire de Giroud. 

Se disant “affecté” par les reproches de Giroud, le prodige de Bondy veut néanmoins tourner la page. “On a une grande compétition et ce n’est pas des petites broutilles qui vont venir perturber notre préparation. On a un objectif commun, dont moi et lui font partie”, a affirmé Kylian Mbappé. “On est à 48 heures d’un match hyper important, d’ailleurs je suis surpris que personne ne m’ait posé de questions sur le match…” 

Pour bien lancer son premier tour, l’équipe de France devra aussi se battre contre l’histoire : depuis la mise en place de la phase de poules, en 1980, l’Allemagne n’a jamais perdu son premier match en 10 participations. Ça tombe bien : en huit participations, la France non plus. En cas de victoire, tout sera certainement pardonné. 



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