la supersonique Ivoirenne Marie-Josée Ta Lou en quête d’or

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L’athlète ivoirienne Marie-José Ta Lou a marqué les esprits en séries du 100 m des Jeux olympiques de Tokyo. Elle a réalisé le meilleur temps avec un chrono de 10 sec 78, battant son record personnel et égalant celui d’Afrique. Après avoir échoué au pied du podium à Rio, elle a plus que jamais la rage de décrocher une médaille olympique.

Porte-drapeau de la délégation ivoirienne à Tokyo, Marie-José Ta Lou montre l’exemple. Pour son entrée en lice, l’athlète de 32 ans a impressionné, vendredi 30 juillet, en séries du 100 m.

Elle s’est imposée en patronne en se montrant la plus rapide de la matinée avec un chrono de 10 sec 78, battant son record personnel de 7 centièmes de seconde. La vice-championne du monde 2017 a égalé au passage le record d’Afrique de sa compatriote Murielle Ahouré, également qualifiée pour les demi-finales.

Dépasser la déception de Rio

Au Japon, Marie-José Ta Lou a rendez-vous avec l’Histoire. Elle rêve devenir la première sportive ivoirienne a remporté l’or olympique. Il y a cinq ans à Rio, la championne avait frôlé l’exploit. En finale du 100 m, l’Ivoirienne a échoué au pied du podium pour un millième, juste derrière la double tenante du titre, la Jamaïcaine Shelly Ann Fraser-Price. C’est la photo finish qui avait finalement départagé les deux femmes pour le bronze.

Particulièrement déçue, la sprinteuse avait demandé pardon à son peuple après la course, au micro de RFI : “C’est dur, c’est une grosse épreuve pour moi. Si j’avais terminé dernière… Mais là, cela ne se résume à rien. Avoir été si proche, c’est une grosse douleur”. Décidément maudite, la sprinteuse avait également pris la quatrième place lors de la finale du 200 m.

Tout au long de sa carrière, Marie-Josée Ta Lou a connu plusieurs désillusions. Au départ, la jeune femme, qui préférait le football, ne se prédestinait d’ailleurs pas à l’athlétisme. Sa famille y était même opposée, comme elle l’a raconté sur le site officiel des Jeux olympiques. “Lorsque j’ai commencé, ma mère ne voulait pas que je fasse d’athlé”, se rappelle-t-elle. “Autour de moi, les gens disaient, ‘tu viens d’Afrique, je ne pense pas que tu pourras devenir quelqu’un. Il faut que tu continues tes études, que tu travailles dans un bureau.’ Mais je l’ai senti car j’aimais tellement courir. C’est comme ça que je fonctionne.”

Une pluie de médailles

Son talent est vite repéré. En 2010, la Fédération ivoirienne d’athlétisme lui offre une bourse pour aller s’entraîner en Chine. Mais l’expérience n’est pas concluante. “C’était un peu difficile. Il fallait tâtonner entre les études et le sport”, avait-elle expliqué sur le site de la télévision IvoirTV.

Au bout de deux ans, elle est de retour sur le continent africain. Elle intègre alors le centre d’entraînement de haute performance de la fédération internationale d’athlétisme en Afrique de l’Ouest où Anthony Koffi devient officiellement son coach. Un choix qui se révèle payant. Même si la frustration est grande à Rio, Marie-José Ta Lou n’a jamais perdu sa positivé. Après cette contre-performance, elle enchaîne les médailles. En 2017, lors des Mondiaux de Londres, elle remporte l’argent sur 100 et 200 m. Un an plus tard, elle termine également 2e des championnats du monde en salle sur 60 m. En 2019, elle décroche la médaille de bronze des Mondiaux à Doha sur 100 m en 10 sec 90, derrière Shelly-Ann Fraser-Pryce et Dina Asher-Smith.

Un modèle en Afrique

Sa déconvenue lors des derniers Jeux olympiques lui a finalement donnée de la force. “Rio m’a procuré de la confiance en moi, de l’expérience et de la motivation pour retourner à l’entraînement et travailler dur”, résume-t-elle. Depuis, la championne est même devenue un modèle. Très suivie sur les réseaux sociaux, elle inspire les athlètes de demain. “Quand ils voient d’où j’ai commencé, cela leur donne de l’espoir. Les jeunes peuvent croire en eux. Je veux leur montrer qu’ils peuvent faire tout ce qu’ils veulent et accomplir de grandes choses”, estime-t-elle. “Je ne pensais pas qu’en faisant ce que je fais, je pourrais être un exemple pour les autres. On n’a pas besoin de grand-chose pour devenir une star. Simplement de travailler dur et de croire en soi.”

L’Ivoirienne n’espère désormais qu’une chose : décrocher, enfin, cette récompense olympique qu’elle a touché du doigt à Rio. “L’objectif de tout athlète participant aux JO, c’est de pouvoir ramener une médaille à son pays, c’est mon objectif principal. Je reste focalisée sur la préparation, sur ma course, et j’espère vraiment pouvoir réaliser ce que je fais à l’entraînement. On met tout dans la main de Dieu, on prie et on espère pouvoir y parvenir !”, a-t-elle confié au magazine Life.

Avant d’atteindre ce but, elle croisera sur sa route les inoxydables Jamaïquaines : Shelly-Ann Fraser-Pryce, double championne olympique du 100 m en 2008 et 2012 et sprinteuse la plus rapide de la saison, et sa compatriote Elaine Thompson-Herah, championne olympique en titre. La demi-finale du 100 m aura lieu samedi. Elle sera ensuite en lice sur le 200 m à partir de lundi.



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