Le football africain vote “oui” à une Super ligue locale et à la Coupe du monde biennale

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À l’issue de la 13e assemblée générale extraordinaire de la CAF, la Confédération africaine de football a approuvé officiellement l’idée controversée d’une Coupe du monde tous les deux ans, sur le même rythme que sa Coupe d’Afrique des nations (CAN). La CAF a aussi voté en faveur d’une Super ligue des clubs africains

La CAF embrasse le changement et les idées de la Fifa. La Confédération africaine de football est devenue, vendredi 26 novembre, la première instance continentale à approuver officiellement l’idée d’une Coupe du monde tous les deux ans.

À l’unanimité, les patrons des 54 fédérations nationales de foot d’Afrique ont voté “oui” à la “décision du congrès de la Fifa de mener une étude de faisabilité” pour une Coupe du monde biennale, au lieu de l’habituel rythme quadriennal.

Tous ont levé leurs cartons verts en présence des plus hauts dirigeants de la Fifa, l’instance dirigeante du football mondial, qui avaient longuement plaidé au préalable pour ce changement de calendrier lors de la 13e assemblée générale extraordinaire de la CAF qui se tenait à son siège, au Caire.

La CAF a aussi voté en faveur d’une Super ligue des clubs africains pour “améliorer la qualité du football africain et générer des revenus pour tous les clubs, qu’ils y participent ou pas”, a assuré Patrice Motsepe. Mais le patron de la CAF, interrogé à ce sujet, a refusé de donner une composition, un calendrier ou tout autre détail.

Une Super ligue pour donner des moyens au foot africain

Le projet de Super ligue africaine existe depuis plusieurs années, porté notamment par Gianni Infantino, le patron de la Fifa. Le président de la fédération sénégalaise, Augustin Senghor, premier vice-président de la CAF, est l’un de ses plus fervents partisans.

“Je pense que la Ligue des champions africaine doit être réservée à une élite qui se dégage sur le terrain, avec des clubs qui ont les moyens de leur politique, capables de développer leur propre image marketing et qui ont derrière assez de base populaire pour pouvoir être attractifs au niveau commercial”, expliquait-il à l’AFP en janvier, quand il était encore en campagne pour la présidence de la CAF.

Il imaginait “une compétition sur toute l’étendue du continent, suivie, organisée et conçue comme un produit, on pourrait la vendre aux firmes du monde entier, et aussi signer des accords avec des grandes chaînes de télés du monde pour augmenter sa valeur”.

Dans son esprit, cette Super ligue devait être transitoire. Elle compterait toutefois des clubs attrayants, comme Al-Ahly, poids lourd du foot égyptien, qui a déjà remporté dix C1, notamment en 2020 et 2021. Avant lui des clubs d’Afrique du Nord ont aussi soulevé le trophée, le Wydad de Casablanca en 2017 et l’Espérance de Tunis en 2018 et 2019. L’Afrique subsaharienne ne l’a elle plus gagnée depuis le Tout Puissant Mazembe en 2015, et l’Afrique du Sud en 2016, avec les Mamelodi Sundowns, le club du nouveau président de la CAF, Patrice Motsepe.

La CAF face à l’UEFA et la Conmebol

Concernant l’autre grande décision de cette assemblée générale, le vote d’approbation sur la Coupe du monde tous les deux ans intervient à moins d’un mois d’un sommet virtuel convoqué par la Fifa pour discuter le 20 décembre (sans vote) de sa proposition, qui se heurte à de très nombreuses réticences, principalement en Europe.

Entre milliards d’euros de manque à gagner – selon un rapport commandé par l’UEFA – et menaces “d’actions” venues de fédérations nordiques, les oppositions se sont multipliées depuis que la Fifa a rendu publique son ambition.

L’UEFA, la Confédération sud-américaine de football, le Forum des ligues mondiales et la puissante Association européenne des clubs ont lancé leur bataille pour éviter de surcharger un calendrier déjà extrêmement dense.

Mais le patron de l’instance, Gianni Infantino, qui rêve de lancer son Mondial biennal à partir de l’édition 2028, peut compter sur le soutien de confédérations moins dominantes dans le football planétaire.

Sur le papier, le projet promet de distribuer plus de revenus aux fédérations, un argument particulièrement séduisant pour les instances africaines ou asiatiques, plus dépendantes de cette manne que le prospère football européen.

La Coupe d’Afrique des nations se tient elle, déjà, tous les deux ans, lors des années impaires depuis 2013 pour éviter justement de coïncider avec les années de Coupe du monde.

De son côté, l’Amérique du Sud s’est rapidement élevée contre une idée qui selon elle “tourne le dos à près de 100 ans de tradition du football mondial”, malgré la campagne de séduction menée par la Fifa sur le continent.

Le format du Mondial a déjà été modifié récemment, puisque 48 équipes dont neuf issues de la zone africaine participeront au tournoi masculin en 2026, contre 32 actuellement.

Le foot continental sera déjà à l’honneur en janvier avec la CAN en janvier pour laquelle l’hôte, le Cameroun, “est prêt à 95 %”, a assuré Patrice Motsepe, y invitant tous les chefs de fédérations africaines même si la CAF a récemment adressé des remontrances à Yaoundé.

Avec AFP

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