le G20 arrive à la COP26 avec un accord et des “espoirs déçus”

Les dirigeants du G20 se sont entendus a minima, dimanche, sur un objectif de limitation du réchauffement climatique à 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels, avec un engagement à ne plus subventionner les centrales au charbon à l’étranger. Mais pas de date claire pour sortir du charbon ou des énergies fossiles, ni pour arriver à la neutralité carbone. 

Les pays du G20 arriveront à la COP26 de Glasgow sur le climat, avec un accord a minima en poche sur un objectif de limitation du réchauffement climatique à 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels. Mais les engagements sur lesquels ils se sont entendus, dimanche 31 octobre à Rome, en ont laissé beaucoup sur leur faim.

“Nous nous sommes engagés à conserver l’objectif de 1,5 °C à portée de main”, a affirmé le Premier ministre italien Mario Draghi, dans un discours concluant le sommet du G20, que son pays présidait cette année. “Nous sommes fiers de ces résultats, mais nous devons avoir en tête que ce n’est que le début.”

Le communiqué final du G20, négocié jusqu’au bout de la nuit de samedi à dimanche, réaffirme l’objectif de l’accord de Paris, à savoir “maintenir l’augmentation moyenne des températures bien en-dessous de 2 °C et poursuivre les efforts pour la limiter à 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels”. Mais il va un peu plus loin en ajoutant : “Conserver (l’objectif de) 1,5 °C à portée nécessitera des actions et des engagements significatifs et efficaces de tous les pays.”

Pour le chef de l’État français, le G20 est “un succès, qui a permis d’enregistrer des avancées en matières économique, sanitaire et climatique”, s’est félicité Emmanuel Macron à l’issue du sommet.

Mais le secrétaire général de l’ONU était loin d’être aussi satisfait : “Je salue l’engagement renouvelé du G20 en faveur de solutions au niveau mondial, mais je quitte Rome avec des espoirs déçus – même s’ils ne sont pas enterrés”, a déclaré dimanche soir sur Twitter Antonio Guterres. 


 

Fin du financement des centrales à charbon

La déclaration va légèrement au-delà de l’accord de Paris sur l’objectif de limitation du réchauffement climatique mais pas de date claire pour sortir complètement du charbon ou des énergies fossiles.

Les pays du G20 se sont cependant entendus pour arrêter “d’ici la fin de 2021” de subventionner de nouveaux projets de centrales électriques au charbon, mais seulement à l’étranger.  

En revanche, pas d’objectif pour l’abandon du charbon au niveau national . Beaucoup de pays, notamment émergents, restent très dépendants de cette source d’énergie pour leur production électrique, a fortiori dans le contexte actuel de crise énergétique mondiale.

Les dirigeants des pays les plus développés du monde se sont aussi entendus pour “viser à mobiliser ensemble 100 milliards de dollars par an (…) jusqu’en 2025” pour permettre aux pays en développement de faire face au changement climatique.

Neutralité carbone d’ici “le milieu du siècle”

Quant à la date à fixer pour atteindre la neutralité carbone, 2050 ou 2060… le “milieu du siècle” est la formulation retenue par le G20. Un horizon moins précis que la date de 2050, voulue notamment par la présidence italienne.

Le projet de communiqué final reste très en deçà des espérances des experts, faute notamment de consensus sur le rythme auquel les plus gros pollueurs peuvent parvenir au “zéro émission nette”.

Les experts des Nations unies jugent nécessaire d’y parvenir d’ici 2050 pour éviter un réchauffement qui devrait atteindre 2,7 °C d’ici la fin du siècle si aucune mesure supplémentaire n’est prise.

La Chine, premier émetteur mondial, n’envisage pas d’atteindre le zéro émission nette avant 2060, tandis que la Russie et l’Inde, deux autres gros pollueurs, n’ont pris aucun engagement à ce sujet.

Le président américain Joe Biden s’est également dit “déçu” par l’absence d’engagements de la Chine et de la Russie dans la lutte contre le réchauffement climatique. 

“La Russie et la Chine ne se sont simplement pas montrées” quand il s’est agi de “prendre des engagements pour le climat”, a déclaré Joe Biden au cours d’une conférence de presse à l’issue du sommet, auquel les présidents chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine n’ont participé que par visioconférence.

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La COP26, “dernier et le meilleur espoir”

“Si le G20 était une répétition en costume pour la COP26, alors les leaders mondiaux ont raté leur réplique”, a estimé Jennifer Morgan, directrice exécutive de Greenpeace International, qui dénonce un communiqué final du G20 “faible, manquant d’ambition et de vision”.

“Tout ce que nous avons vu, c’était des demi-mesures plus que des actions concrètes”, a renchéri Friederike Röder, vice-présidente de l’ONG Global Citizen.

L’absence de percée majeure au sommet du G20 est de mauvais augure au moment où s’ouvre la COP26 sur le climat à Glasgow, à laquelle la plupart des dirigeants se sont rendus directement à la fin du sommet de Rome.

Et le signal qu’allait envoyer ce groupe, qui réunit les principales économies développées (UE, États-Unis) mais aussi de grands émergents comme la Chine, la Russie, l’Inde ou le Brésil, était d’autant plus attendu que ces pays représentent 80 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. 

La conférence climat de l’ONU à Glasgow est “le dernier et le meilleur espoir” de parvenir à limiter le réchauffement de la planète à +1,5 °C, objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris, a déclaré Alok Sharma, président de la COP26, à l’ouverture de cette conférence dimanche en Écosse.

“Si Glasgow échoue, c’est tout qui échoue”, a de son côté estimé le Premier ministre britannique Boris Johnson lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet du G20. “Nous avons fait des progrès raisonnables au G20 (…), mais ce n’est pas assez”, a-t-il ajouté. 

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Pendant la pandémie de Covid-19, “le changement climatique n’a pas pris de vacances. Tous les voyants sont au rouge sur le tableau de bord du climat”, a-t-il ajouté. Les dirigeants mondiaux peuvent “faire le succès ou enterrer l’espoir de garder l’objectif de à +1,5 °C à portée”, a commenté Alok Sharma, qui accueillera lundi plus de 120 dirigeants du monde à Glasgow.

Avec AFP et Reuters



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