Le réalisateur français Bertrand Tavernier est mort à l’âge de 79 ans

Le cinéaste, scénariste, dialoguiste, producteur et écrivain Bertrand Tavernier s’est éteint jeudi à Sainte-Maxime, dans le Var. Polar, film musical, fresque historique… Bertrand Tavernier a abordé presque tous les genres dans sa filmographie gargantuesque.

Il était une immense figure du cinéma français. Le réalisateur Bertrand Tavernier, auteur de films comme “L’Horloger de Saint-Paul, “Coup de Torchon” et “L.627”, est décédé jeudi 25 mars à l’âge de 79 ans, a annoncé l’Institut Lumière à Lyon, qu’il présidait.

“Avec son épouse Sarah, ses enfants Nils et Tiffany, et ses petits-enfants, l’Institut Lumière et Thierry Frémaux ont la tristesse et la douleur de vous faire part de la disparition, ce jour, de Bertrand Tavernier”, a tweeté l’institution dédiée au septième art.

Éminente personnalité du septième art, artiste engagé à l’œuvre éclectique et reconnue à l’étranger, Bertrand Tavernier a réalisé avec bonheur des films d’époque et contemporains, avec une prédilection pour les sujets sociétaux.

Il fut aussi un grand cinéphile investi dans la préservation et la transmission des films, mû à la fois par le souci de défendre un cinéma français indépendant et la passion pour le cinéma américain du XXe siècle.

Ses films ont été largement récompensés : prix Louis-Delluc en 1973 pour “L’Horloger de Saint-Paul”, nomination aux Oscars 1983 pour “Coup de torchon”, prix de la mise en scène à Cannes en 1984 pour “Un dimanche à la campagne”, BAFTA 1990 du meilleur film étranger pour “La Vie et Rien d’autre”, Ours d’or 1995 à Berlin pour “L’Appât”, Lion d’or à Venise pour l’ensemble de sa carrière.

En France, ce fou de cinéma, stature imposante et chevelure généreuse blanchie par les années, scénariste de ses propres films, a reçu cinq César (dont ceux de meilleur réalisateur en 1976 pour “Que la fête commence” et en 1997 pour “Capitaine Conan”) et ses films furent nommés une quinzaine de fois.

On lui devait aussi “Le Juge et l’Assassin” (1976), “Une semaine de vacances” (1980), “Autour de minuit” (Oscar de la meilleure musique en 1987), “L.627” (1992), “La Fille de d’Artagnan” (1994), “Dans la brume électrique” (2009), “La Princesse de Montpensier” (2010) ou “Quai d’Orsay” (2013).

Films policier, politique, historique, d’aventure, de guerre… Au total, une œuvre teintée de gravité et d’émotions secrètes, en guerre contre les injustices, le racisme, la drogue ou le chômage, marquée par le goût de la narration et des personnages, ceux-là même que rejetait la Nouvelle vague.

Son but était “d’explorer et d’apprivoiser des époques et des univers à travers des personnages pris en affection” et aux destins compliqués. “Ne pas ennuyer, c’est une question de politesse !”, ajoutait-il, soulignant son “plaisir physique” à être sur les plateaux, à diriger les acteurs. Comme son ami, son “frère”, Philippe Noiret, avec qui il tourna six films.

Amateur de westerns

Bertrand Tavernier est né le 25 avril 1941 à Lyon, haut lieu du cinéma avec l’Institut Lumière dont il était président.

“Lyon m’a appris un enracinement dans un lieu. Je suis provincial et content de l’être, je ne me sens pas parisien”, disait-il.

Fils de l’écrivain et résistant René Tavernier, il découvre le cinéma lors d’un séjour en sanatorium. Monté à Paris, il fonde, avec des amis, le ciné-club NickelOdéon et collabore dans les années 1960 à différentes revues.

Assistant sur “Léon Morin, prêtre” de Jean-Pierre Melville, il devient attaché de presse de films de Jean-Luc Godard, Claude Chabrol ou Georges de Beauregard, le producteur de la Nouvelle vague.

En 1970, il cosigne un livre qui deviendra une référence : “30 ans de cinéma américain” (réédité et actualisé). Il publie aussi des entretiens avec de grands auteurs d’Hollywood (1994). Il assurait être devenu metteur en scène “à cause de son admiration pour les westerns”.

Dans ses films ou en marge de son travail de cinéaste, Bertrand Tavernier s’était engagé dans de nombreux combats : contre la censure, contre la torture pendant la guerre d’Algérie (il avait réalisé sur ce conflit un documentaire, “La Guerre sans nom”), en faveur des sans-papiers, pour la redécouverte de scénaristes oubliés, pour la défense du cinéma européen contre le mercantilisme du cinéma américain.

“Je ne suis pas plus blasé maintenant que quand j’ai démarré”, assurait-il en 2016 en présentant son documentaire “Voyage à travers le cinéma français”, histoire très personnelle du septième art, rendue possible par le visionnage de centaines de films.

Ces artistes “sont des gens qui me nourrissent de façons différentes. Ce qui est beau, c’est la variété des approches. J’essaie de plaider pour ça. C’est l’antiformatage”, expliquait-il.

Avec la scénariste Colo Tavernier (décédée en 2020) dont il était divorcé, Bertrand Tavernier a eu deux enfants : Nils, comédien et réalisateur, et Tiffany, écrivaine. Avec cette dernière, il tourna le film “Holy Lola” (2004) sur l’adoption au Cambodge. Il s’était remarié à la scénariste Sarah Thibau en2005.

Avec AFP



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