Palme d’or pour “Titane” de la Française Julia Ducournau, 2e réalisatrice sacrée à Cannes

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La Française Julia Ducournau est devenue samedi la deuxième réalisatrice à remporter la Palme d’or du Festival de Cannes. Elle est récompensée pour son film “Titane”, œuvre résolument contemporaine qui a beaucoup remué les critiques à cause de certaines scènes ultra-violentes.

Pour la deuxième fois seulement dans l’histoire du Festival de Cannes, la Palme d’or a été décernée samedi 17 juillet à un film réalisé par une femme, 28 ans après “La leçon de piano” de Jane Campion. C’est “Titane” de la Française Julia Ducournau qui remporté le prix après avoir divisé les critiques à cause de certaines scènes choquantes.

L’annonce de la récompense suprême a été pour le moins prématurée puisque le président du jury Spike Lee s’en est chargé dès le début de la cérémonie, prenant de cours les organisateurs.

Spike Lee était d’abord censé annoncer le prix d’interprétation masculine, qui est finalement revenu à l’Américain Caleb Landry Jones pour sa performance dans “Nitram”, où il incarne un jeune homme borderline qui s’apprête à commettre l’une des pires tueries de l’histoire de l’Australie.

Le prix d’interprétation féminine a pour sa part été offert à la Norvégienne Renate Reinsve pour son rôle dans “Julie en 12 chapitres” de Joachim Trier, dans lequel elle incarne une jeune femme en quête d’elle-même.

Le réalisateur français Leos Carax a lui remporté le prix de la mise en scène pour “Annette”, opéra-rock foisonnant et virtuose qui fait briller deux stars, Adam Driver et Marion Cotillard.

#MeToo

En offrant la Palme d’or à la benjamine de la compétition, 37 ans, le Festival de Cannes envoie un signal majeur dans une industrie qui s’interroge plus que jamais depuis quatre ans sur la place des femmes, et l’égalité entre les genres, dans le sillage de l’affaire Weinstein puis du mouvement #MeToo. Julia Ducourneau a remercié le jury d’avoir choisi “un monde plus fluide et inclusif”.

Seules quatre réalisatrices étaient en compétition cette année, pour 24 films au total. Le prix le plus prestigieux, attribué à “Titane”, récompense un cinéma transgressif et défricheur, empreint de féminisme.

“Titane”, qui n’est pas destiné à tous les publics, mêle hybridation femme/machine, d’amour pour les voitures et de quête de paternité. C’était le film le plus violent et trash de la compétition, loin de faire l’unanimité parmi les critiques. Il met en scène une nouvelle venue bluffante, Agathe Rousselle, et l’acteur français Vincent Lindon, en pompier sous stéroïdes.

Victoire pour les organisateurs

Le plus grand et le plus glamour des rassemblements consacrés au grand écran fut le premier festival de cinéma à se tenir (presque) normalement depuis le début de la pandémie de Covid-19. Certes, les mythiques fêtes cannoises ont souffert des restrictions et les foules étaient moins denses. Le festival se déroulant en juillet au lieu de mai, les amoureux du cinéma étaient pour une fois moins nombreux que les touristes. Le fait que l’événement se soit déroulé sans accroc majeur reste toutefois une victoire pour Cannes.

La logistique liée au Covid-19 a été critiquée au début : les participants venant d’un pays hors espace Schengen ainsi que les Européens non vaccinés ont dû faire des tests salivaires toutes les 48 heures. Tous ces crachats en rebutaient certains, mais le système a été rapide et efficace. Les photos de spectateurs sans masque lors des premières projections ont aussi attiré les critiques sur les réseaux sociaux, mais les restrictions ont vite été renforcées. L’actrice française Léa Seydoux a été la seule célébrité infectée par le virus à Paris, ce qui lui a valu de manquer quatre premières sur le tapis rouge.

Après l’annulation de l’an passé, les festivaliers ont été gâtés avec une abondance de films, certains attendant leur première depuis début 2020. En 12 jours, les organisateurs ont calé 24 projections de films en compétition officielle, et cinq fois plus hors compétition. Une manière, peut-être, de rattraper l’absence de fêtes. Parmi ce déluge de films, le festival a instauré une nouvelle thématique sur le changement climatique, une manière pour Cannes de placer l’urgence environnementale au coeur de ses priorités. Cette année, le célèbre tapis rouge était composé de matériaux recyclés plutôt que de l’habituel PVC. Les organisateurs ont aussi interdit les bouteilles en plastique, déployé une flotte de véhicules électriques et demandé une contribution de 20 euros par participant pour compenser son empreinte carbone.

Avec AFP

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